Comment organiser son patrimoine ?

On attribue à Sénèque la maxime

Il n’est pas de vent favorable pour qui ne sait où il va 

Dans la continuité de cette idée, organiser son patrimoine consiste d’abord à définir ses objectifs et ses projets de vie, car ce sont ces derniers qui détermineront les stratégies financières les plus adaptées.

Voici un inventaire des éléments à considérer pour réussir votre organisation patrimoniale.

Présentés sous forme de questions, ils vous permettront, comme lors de la préparation d’un voyage, de déterminer votre point de départ, votre destination, et les leviers à votre disposition pour y parvenir.

 

Quelle est votre situation professionnelle et fiscale ?

  • Avez-vous une activité professionnelle ? Quels sont vos revenus d’activité ? Sont-ils stables, variables ? Percevez-vous des revenus annexes ?
  • À l’échelle du foyer, anticipez-vous un changement dans vos revenus, votre impôt ou le nombre de parts fiscales ?
  • Quelle est votre tranche marginale d’imposition ? Êtes-vous soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ? À l’impôt sur la fortune immobilière ?


Pourquoi est-ce important ?

Connaître l’ensemble des revenus du foyer – intégrant les revenus d’activité mais aussi les revenus du patrimoine – permet de calculer le taux marginal d’imposition, qui peut influencer le choix des enveloppes de détention les plus opportunes. Connaître les revenus est aussi utile pour estimer le volant d’épargne mensuel et le rythme de constitution de patrimoine dans le temps.

L’assujettissement à l’IFI peut révéler une sous-optimisation et faire naître une opportunité de réduction de la base imposable.

 

Quelle est votre situation familiale ?

  • Vivez-vous seul(e) ? En couple ? Êtes-vous mariés, PACSés ? Quel est votre régime matrimonial ?
  • Avez-vous des enfants ? Des petits-enfants ? En cas de famille recomposée, votre conjoint a-t-il des enfants ?
  • Avez-vous déjà réalisé des donations ?
  • Des dispositions particulières ont-elles été mises en place en cas d’incapacité ou de décès ? Avez-vous établi un mandat de protection future ? Des testaments ?


Pourquoi est-ce important ?

Comprendre le régime matrimonial ou l’absence de ce dernier va déterminer la nature juridique des biens : lesquels sont détenus en propre ? Lesquels font partie du patrimoine commun ?

Cela permettra d’estimer les droits de succession et influera sur le montant des donations qu’il sera possible d’effectuer aux enfants.

L’existence de petits-enfants est un point à prendre en compte dans les stratégies de transmission. En effet, l’allongement de l’espérance de vie fait que l’on hérite de plus en plus tard, et il est parfois plus opportun de favoriser ses petits-enfants plutôt que ses enfants : des dispositions peuvent être prises en ce sens.

 

Comment est composé votre patrimoine privé ?

  • Quels sont vos actifs financiers ? Liquidités bancaires, OPCVM, actions ? Sur quelles enveloppes sont-ils détenus ? Compte titres ? PEA ? Contrat d’assurance vie ? Épargne salariale ? Épargne retraite ? Contrat de capitalisation ?  Holding d’investissement ?
  • Possédez-vous des actifs immobiliers ? Résidence principale ? Immobilier locatif ?  Biens de jouissance ? En direct ou via une SCI.
  • Détenez-vous d’autres types d’actifs ? Private Equity ? Or et métaux précieux ? Bois et forêts ? Crypto-actifs ?
  • Disposez-vous d’un patrimoine professionnel ? Si oui, quelle est la nature juridique de l’entreprise ? Quelles options fiscales avez-vous choisies ? Pouvez-vous fournir les statuts, la liasse fiscale ?


Pourquoi est-ce important ?

Recenser l’ensemble des actifs détenus permet d’analyser les grandes masses et la répartition du patrimoine. 

Au sein des actifs financiers, la répartition entre immobilier, actions et obligations, et la répartition géographique seront à observer afin d’optimiser la diversification.

La liquidité est également un point d’attention important. L’allocation d’actifs idéale doit être cohérente avec les horizons de placement du foyer.

Concernant les actifs professionnels, les informations relatives au mode détention, à la structure juridique, au capital social, à la date de création, ainsi qu’aux règles de gouvernance se trouveront dans les statuts et les éventuels pactes d’actionnaire. Ils permettront d’étudier les différents impacts fiscaux d’une cession ainsi que les conséquences en cas de décès. 

La liasse fiscale permettra quant à elle d’identifier les sommes distribuables (réserve, résultat…), les comptes courants d’associés, les disponibilités non nécessaires à l’exploitation… ainsi que tous les éléments qui permettront de valoriser la société par des professionnels.

 

Quels sont les passifs (dettes) de votre foyer ?

  • Le foyer a-t-il des emprunts en cours ? Quelles en sont les caractéristiques : capitaux restant dus, mensualités, échéances ?
  • S’agit-il d’emprunts adossés ? Si oui, financent-ils la résidence principale ? Un investissement locatif ?
  • Existe-t-il des crédits lombards ? Des nantissements de biens ?
  • Existe-t-il des emprunts liés au patrimoine professionnel ?


Pourquoi est-ce important ?

L’analyse des passifs déterminera votre capacité d’endettement : certaines stratégies patrimoniales immobilières sont plus intéressantes avec un prêt. En outre, l’arrivée à échéance de certains prêts libère une capacité d’épargne mensuelle, qui pourra être replacée. Enfin, le nantissement de certains biens limite fortement toute possibilité de cession.

 

De quels leviers d’action disposez-vous ?

  • Avez-vous des actifs arbitrables ? Des placements que vous êtes prêts à céder ou pour lesquels vous envisagez de changer de gestionnaire ?
  • Anticipez-vous de recevoir des capitaux à la suite d’une cession d’actifs ? (bien immobilier, bien professionnel…)
  • Si vous êtes chef d’entreprise, envisagez-vous des transferts d’actifs du patrimoine privé au professionnel, ou vice-versa ?
  • Est-il probable que vous perceviez un héritage dans un futur proche ?
  • Disposez-vous d’une capacité d’épargne importante ? Plutôt régulière ou exceptionnelle (primes, parts variables…) ?

Pourquoi est-ce important ?

Les actifs arbitrables représentent l’opportunité de réallouer le patrimoine assez rapidement afin de se rapprocher de l’organisation optimale du patrimoine. Il est important d’anticiper les cessions d’actifs en prévoyant le réinvestissement assez tôt, car un excès de liquidités non placées peut dévaloriser un patrimoine dans un contexte d’inflation.

 

Quels sont vos objectifs personnels ? Et ceux du foyer ?

Voici quelques exemples d’objectifs :

  • Percevoir des revenus complémentaires. Quels montants ? À quelle échéance ?
  • Anticiper la transmission de patrimoine. Au profit des enfants ? Des petits-enfants ? De bénéficiaires extérieurs à la succession ?
  • Constituer un patrimoine dans la durée. À quel rythme ? Quel degré de risque acceptez-vous ?
  • Améliorer la gestion des placements. En visant un rendement plus élevé ? Une meilleure diversification ?
  • Diminuer la pression fiscale. Sur les revenus d’activité (IR) ? Sur les revenus financiers (flat tax) ? Sur le patrimoine foncier (IFI) ?
  • Céder son entreprise à terme. À un tiers ? À un enfant ? Le placement des fonds est-il un enjeu ?
  • Protéger le conjoint survivant. Aura-t-il besoin de revenus supplémentaires ? Ou cherchez-vous simplement à transmettre le patrimoine existant dans les meilleures conditions ?

Pourquoi est-ce important ?

C’est à partir des objectifs que nous allons déterminer la stratégie à mettre en place. Chaque décision patrimoniale sera adaptée à la situation personnelle de chacun.

L’enjeu de l’optimisation du patrimoine sera de faire converger le patrimoine actuel vers une organisation patrimoniale efficace par rapport aux objectifs attendus. 

Pour vos investissements financiers, vous pourrez par exemple choisir vos modes de détention, ouvrir d’un PEA pour réduire la fiscalité relative aux gains attendus sur actions, ou un contrat d’assurance-vie plutôt qu’un compte-titres ou encore constituer une société civile de portefeuille.

Sur le plan immobilier, vous pourrez, selon les cas, envisager la donation de nue-propriété à un enfant, la création de SCI, l’investissement locatif en utilisant le levier de l’emprunt…

Sur le plan civil, il s’agira de réaliser des donations, de rédiger un testament, de choisir le bon régime matrimonial, d’optimiser des clauses bénéficiaires…

 

Organiser son patrimoine avec LFDE

Vous l’aurez compris, il n’y a jamais de réponse toute faite : l’organisation patrimoniale est réellement l’art du sur-mesure. C’est pourquoi votre gérant privé vous posera de nombreuses questions lors d’un premier entretien, et sera ensuite, tout au long de la relation, particulièrement attentif aux changements qui surviendraient dans votre situation ou dans vos objectifs.