Olivier de Berranger

MACROSCOPE : l'édition du 29 juin

La garde haute

Dans le combat que mène l’économie européenne face au coronavirus, le rapport de force semble s’inverser. Après un premier round où elle s’est retrouvée non loin du K.O., c’est la garde haute* que l’économie aborde la suite.

Le combat ne pouvait commencer de pire manière. C’est le souffle court et l’esprit groggy que l’économie européenne a affronté l’un des plus grands chocs sanitaires de son histoire.

L’impréparation et le manque de coordination face à un adversaire méconnu ont été dans un premier temps criants. Une fois l’ouragan de ce premier round passé, le confinement lui a permis de reprendre ses esprits et d’élaborer une stratégie capable d’inverser le rapport de force. Cette stratégie de soutien sans conditions de l’autorité monétaire et de mesures budgétaires nationales ambitieuses s’accompagnent à présent d’une solidarité renforcée entre les nations. 

Au cœur de la stratégie monétaire, la « garde » tente de restaurer des conditions monétaires accommodantes. Les mesures budgétaires permettront d’esquiver les coups portés par l’adversaire et donc de limiter les dégâts sur les organes vitaux, à savoir les ménages et les entreprises. Enfin, une équipe plus soudée et plus solidaire est parée contre les attaques.

C’est donc avec une confiance restaurée que l’économie européenne aborde la suite du combat. La reprise qui se dessine s’annonce sous de meilleurs auspices : les ventes au détail rebondissent, la confiance des entreprises et des ménages se renforce, la diffusion de l’épidémie semble sous contrôle. Le combat s’annonce long mais le rapport de force a déjà basculé, à la faveur de l’économie européenne.

(*) Position de protection en boxe

Telex

♦  Biden prend le large. Plus que jamais, Donald Trump semble en difficulté dans la course pour sa réélection. Le Président est devancé par son adversaire démocrate de plus de 10 points dans les derniers sondages. Sa gestion de la crise sanitaire peut expliquer ce décrochage. Sauf cas de force majeure, l’élection devrait se tenir dans près de 4 mois.

Dans les cordes. La BCE renvoie la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe dans les cordes. Dans les minutes qu’elle a publiées la semaine dernière, la Banque centrale a justifié les mesures prises dans le cadre du quantitative easing. Ces dernières s’inscrivent bien dans le cadre de son mandat. En transmettant des documents confidentiels allant en ce sens, la BCE a clairement répondu aux interrogations des juges constitutionnels allemands. L’expertise juridique de la nouvelle présidente de la banque centrale sera certainement d’une aide précieuse dans ce contentieux.

 

Le picking de la semaine

ACCENTURE, de solides résultats  

L’actu. Le groupe ACCENTURE a publié des résultats du 3e trimestre supérieurs aux attentes, tirés par le cloud, le digital et la cybersécurité, et annonce des perspectives rassurantes pour la fin de l’année 2020.

Notre analyse. Malgré un contexte difficile, le cabinet de conseil en informatique a dévoilé des résultats meilleurs qu’attendus mais reste prudent sur le trimestre en cours. Le chiffre d’affaires a reculé de 1% et atteint 11 milliards de dollars mais bat le consensus (10,9 milliards). La société a réalisé un bénéfice net de 1,2 milliard de dollars, soit 1,90 dollar par action contre 1,93 dollar sur la même période en 2019. Ainsi le bénéfice par action croît-il de 2,7% comparé aux estimations (1,85 dollar). Sur le plan commercial, les prises de commandes dans les secteurs du consulting et de la sous-traitance continuent de progresser (respectivement de +3,3% et +4,3%), tirés par le cloud, le digital et la cybersécurité qui représentent désormais 70% des ventes.

Concernant la guidance de l’année 2020, le groupe a affiné ses objectifs. Il vise désormais un bénéfice par action ajusté situé entre 7,57 et 7,70 dollars (précédemment entre 7,48 à 7,70). Mais le groupe apparait plus prudent concernant les revenus et la marge opérationnelle. Il prévoit une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 3,5 et 4,5% contre 3 à 6% l’an dernier et table sur la fourchette basse de la marge précédemment estimée (+10 points de base). Ces dernières prévisions révèlent la force du modèle d’ACCENTURE qui continue à se montrer très résilient.

Conclusion. Frappé lui aussi par la crise du Covid-19, le géant du consulting ACCENTURE a dévoilé des résultats trimestriels en déclin mais toutefois supérieurs aux attentes du consensus. Cette publication semble rassurer le marché puisque l’action a affiché une des plus fortes hausses journalières de l’indice S&P 500 (+ 7,6%).

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Clément Inbona, Fund Manager

Article achevé de rédiger le 26/06/2020.
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