Actions européennes, «small is beautiful»!
L’année 2025 marque le retour en grâce des petites et moyennes valeurs européennes, soutenues par de solides catalyseurs.
Article publié dans Le Temps, le lundi 25 août 2025.
De nouvelles perspectives pour un changement de cycle. Voilà l’horizon promis aux petites et moyennes capitalisations européennes. Le premier semestre a été marqué par le vif rebond de ces titres, après trois années difficiles. Au deuxième trimestre, les indices MSCI Europe Small Cap et MSCI Europe Mid Cap ont ainsi affiché de solides performances, respectivement +10% et +8%, quand leur pair MSCI Europe Large Cap progressait de +2,5%. Et depuis le début de l’année, ces gains s’établissent respectivement à +11,5% et +13,3%, contre +8,5% pour les grandes capitalisations.
Nouvelle donne macroéconomique
Le nouveau cycle macroéconomique en Europe soutient le rebond des petites et moyennes capitalisations. D’une part, la stabilisation des taux d’intérêt, après leur forte hausse en 2022 et 2023, et la politique plus accommodante de la BCE en 2025 ont renforcé l’attrait des actions européennes, en particulier les small et mid caps. D’autre part, la volonté politique d’une plus grande souveraineté stratégique du vieux continent, face à la recrudescence des conflits et à la guerre commerciale, ainsi que l’annonce du plan de relance budgétaire allemand de 1000 milliards d’euros constituent des catalyseurs structurellement favorables aux petites et moyennes valeurs. Avec une activité davantage tournée vers leur marché domestique européen – les petites capitalisations y réalisent 60% de leur chiffre d’affaires – et jouant un rôle central dans le tissu industriel, ces entreprises devraient pleinement profiter de la relance de la croissance économique allemande et continentale. Cet ancrage européen est aussi un facteur de résilience: les petites et moyennes capitalisations sont relativement peu sensibles à l’impact des nouveaux droits de douane américains, instaurés depuis le «jour de la libération», le 2 avril. Autre dynamique favorable, le redémarrage attendu des opérations de fusions-acquisitions après une période léthargique entre 2022 et 2024. Bon nombre de small et mid caps présentent aujourd’hui toutes les caractéristiques pour attirer les consolidateurs de marché: un positionnement souvent leader sur des métiers de niche avec de fortes barrières à l’entrée et des niveaux de valorisation bien plus abordables sur les marchés cotés.
Un vivier propice à des offres publiques d’achat (OPA), qui contribueraient au mouvement de valorisation boursière.
Dans le même temps, les flux sur les petites et moyennes valeurs se sont rééquilibrés et ne pèsent plus, désormais, sur leurs cours de bourse. Entre début 2022 et avril 2025, dans un contexte de net ralentissement de la croissance européenne, des flux de sortie massifs sur la classe d’actifs ont pénalisé la performance des petites et moyennes capitalisations. Un pic de rachats a été atteint en 2022, représentant 14% du total des encours et la tendance s’est poursuivie en 2023 (8%) avant l’amorce d’une inflexion l’an dernier (1%). Depuis le mois de mai 2025, la classe d’actifs renoue avec des flux de souscription positifs.
Traduire ces perspectives en thèmes d’investissement
En ligne avec ces catalyseurs et alors que les niveaux de valorisation demeurent très abordables (ratio de P/E 2025 à 15 fois les résultats pour les small et mid caps, contre une moyenne historique 10 ans à 18 fois), nous avons renforcé l’exposition de nos portefeuilles aux thèmes de la souveraineté européenne et de la relance économique allemande. Nous avons par exemple accru nos positions dans les sociétés allemandes, notamment dans le secteur de la défense avec Renk et Hensoldt. Nous avons renforcé notre exposition au secteur des utilities (Redeia en Espagne) et des semi-conducteurs au travers de titres comme ASM International ou BE Semiconductor. Nous ciblons également des valeurs dont l’activité est favorablement exposée au marché allemand, à l’image du Français SPIE, qui y réalise 30% de son chiffre d’affaires.
Par ailleurs, dans un objectif de diversification, nous avons augmenté l’exposition à certaines valeurs bancaires. Ces dernières ont fait l’objet de restructurations améliorant leurs perspectives de croissance et bénéficient d’une meilleure visibilité sur leur structure de revenus, grâce à l’ancrage des taux d’intérêt longs.
Enfin, n’oublions pas qu’historiquement la croissance bénéficiaire des petites et moyennes capitalisations est structurellement supérieure à celle des grandes valeurs. Forts de tous ces atouts, ces titres tiennent bel et bien leur revanche boursière. Small is beautiful!
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