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MACROSCOPE : l'édition du 24 juin

Le thème de la semaine : l’été sera chaud

A bien des égards, la semaine passée a été riche en événements et celle qui s’ouvre devrait l’être également, avec en point d’orgue le G20 des 28 et 29 juin prochains.

Au niveau monétaire, la Banque Centrale Européenne (BCE) puis la Fed ont chacune évoqué la possibilité d’injecter de nouvelles liquidités dans l’économie pour faire face au risque déflationniste et au risque de ralentissement de la croissance. C’est d’abord à Sintra, lors du forum annuel de la BCE, que Mario Draghi a évoqué la nécessité de mettre en place des « mesures additionnelles de soutien », si les perspectives d’un retour durable de l’inflation autour de sa cible de 2% ne se matérialisent pas. A Washington, Jerome Powell s’est à son tour inquiété de la montée des « incertitudes » entourant les perspectives économiques, notamment la faiblesse de l’inflation. Aujourd’hui, près de la moitié des gouverneurs de la Fed envisage de baisser une ou deux fois les taux directeurs d’ici la fin de l’année. Le prix des obligations gouvernementales a ainsi touché des plus hauts, tandis que les actions ont terminé la semaine en nette hausse. L’addiction des investisseurs aux injections de liquidité dans l’économie a pris le dessus sur des indicateurs macroéconomiques qui ne restent donc guère reluisants quant aux perspectives de l’industrie manufacturière.

Au niveau politique, l’Union européenne est en proie à une cacophonie qui précède la cascade de nominations à venir : gouverneur de la BCE, président de la commission et président du conseil. Au Royaume-Uni, Boris Johnson est en bonne position pour accéder au poste de chef du gouvernement, et devrait adopter une posture plus dure sur le Brexit que sa prédécesseur. Enfin, aux Etats-Unis, Donald Trump a ouvert la campagne pour la présidentielle de 2020 par un premier meeting. Il n’a pas manqué d’utiliser son arme favorite, Twitter, pour attaquer Mario Draghi, accusé d’être « injuste » envers les Etats-Unis et d’avoir tenté d’affaiblir l’euro au détriment du billet vert en envisageant de baisser les taux. Comme à l’accoutumée, le président américain a également visé les démocrates et les médias, accusés de répandre des « fake news » en permanence. Source de nombreuses incertitudes, la question politique n’a pourtant eu que peu d’écho cette semaine malgré son potentiel impact sur les marchés. Ce sont les politiques monétaires qui ont été au cœur des préoccupations des investisseurs.

Au niveau géopolitique, l’éventualité d’un conflit ouvert entre l’Iran et les Etats-Unis devient de plus en plus crédible. Après que l’Iran a abattu un drone américain suspecté d’avoir franchi l’espace aérien iranien, Donald Trump a, semble-t-il, autorisé une contre-offensive sur des cibles stratégiques… avant de se raviser. L’or noir reste étonnamment peu sensible à ces tensions et au risque de blocage maritime du détroit d’Ormuz, où transite pourtant quotidiennement un cinquième de la production mondiale.

Telex

 

►  Décevant. L’activité manufacturière déçoit en zone euro et aux Etats-Unis. Les estimations préliminaires des PMI manufacturiers de juin publiées vendredi dernier sont en-dessous de ce qui était attendu par les économistes, à 47,8 contre 48,0 attendu en zone euro, et 50,1 contre 50,5 attendu aux Etats-Unis. L’activité ralentit donc encore en zone euro, et sa croissance aux Etats-Unis marque le pas.

Divisés. La publication des dots (anticipation du niveau des taux par les membres de la Fed) fait état d’une profonde division au sein de l’institution américaine. Ainsi, sept de ses membres anticipent deux baisses de taux avant la fin de l’année, alors que huit membres n’attendent aucun changement sur les taux directeurs. Un membre prévoit une baisse, et un autre, une hausse.

Record historique. Le 10 ans allemand (bund) a touché le plus bas niveau de son histoire la semaine passée, à -0,32%. Ainsi, prêter à l’Etat allemand a désormais un coût. La sécurité n’a pas de prix…

 

 

Le picking de la semaine

ADOBE : une transition exemplaire vers le cloud

 

L’actu. Le leader des solutions de traitement d’images a publié des résultats du 2ème trimestre meilleurs qu’attendus.

Notre analyse. En hausse de 25% sur la période par rapport au 2ème trimestre 2018, son chiffre d’affaires a dépassé les attentes du marché, notamment grâce aux souscriptions. ADOBE a été l’une des premières sociétés de logiciels à évoluer d’un modèle de vente de licences perpétuelles vers un modèle basé sur des souscriptions. Un changement de taille pour les clients de la société, qui ne sont désormais plus contraints par un modèle lourd en investissements. De plus, ce nouveau modèle, qui complique les piratages – nombreux en Amérique latine et en Asie – a ainsi permis à la société de développer sa clientèle. Le management a annoncé une progression du nombre d’utilisateurs de ses applications Creative Cloud, utilisables depuis les appareils mobiles, ainsi que d’Adobe Spark, un programme qui permet de produire des graphiques pour les réseaux sociaux. Bien que bénéficiant d’une position dominante grâce à des logiciels réputés tels que Photoshop, l’éditeur de logiciels continue de faire croître son activité par une innovation qui s’accélère.

Le marché a réagi positivement à cette publication malgré des prévisions pour le 3ème trimestre légèrement inférieures aux anticipations, ces dernières n’étant que la conséquence de la saisonnalité de l’activité, de plus en plus dépendante du dernier trimestre de l’année. Les prévisions annuelles confirmées ont en revanche rassuré le marché dans le contexte économique actuel.

En conclusion. ADOBE est bien positionnée pour répondre aux besoins de création et d’expérience client dans le cadre de la transformation digitale des entreprises. La société a réalisé de nombreux investissements technologiques, notamment dans son Intelligence Artificielle nommée Sensei, qui permet d’améliorer sensiblement la proposition de valeur de ses produits. Compte tenu du profil de croissance élevé, à +20% par an pour le chiffre d’affaires, et d’une valorisation qui nous semble raisonnable, nous maintenons la valeur dans Echiquier World Equity Growth et Echiquier Artificial Intelligence.

 

Auteurs : Olivier de Berranger, CIO ; Enguerrand Artaz, Fund Manager

 

ISIN Echiquier Artifical Intelligence B : LU1819480192 – Niveau de risque : 6/7
ISIN Echiquier Artifical Intelligence I : LU1819578672 – Niveau de risque : 6/7
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