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Stratégie d’investissement 2017

Marc Craquelin, directeur de la gestion d’actifs, synthétise nos principales convictions pour 2017.

Au bas de cet article, retrouvez la présentation et les vidéos de notre événement Stratégie d’investissement 2017.

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Quatre affirmations pour 2017

 

1. Marché des taux : un changement de régime
2. Duration courte… pour encore 50 bps !
3. Europe : les flux… après le reflux !
4. Le trend value… puis le regard contrariant sur la croissance

2016, un dernier regard sur les marchés

Un mot suffit à décrire le comportement des marchés en 2016 : rotation. Rotation au sein des classes d’actifs tout d’abord : à partir de l’été, la tendance depuis longtemps favorable aux marchés obligataires s’est essoufflée. Aux sorties constatées sur ces derniers ont succédé des réinvestissements timides, puis plus affirmés sur les marchés actions. Rotation en termes de style ensuite (fig.1) : la longue période favorable aux valeurs de croissance semble toucher à sa fin et l’investissement value a brutalement pris sa revanche (fig.2 et 3) ; rarement les écarts de performance auront été aussi nettement marqués.

 

Figure 1 : la convergence des secteurs growth et value a été très nette ces derniers mois

figure1

 

 

Figures 2 et 3 : deux exemples de rattrapage de secteurs value : les Banques (déjà quasiment entièrement réalisé) et les Voyages & Loisirs (sur lesquels il reste du potentiel)

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2016 aura évidemment été dominée par le politique avec une succession de rendez-vous anxiogènes qui auront influé sur le comportement des investisseurs et produit des effets parfois attendus (la baisse de la livre sterling consécutive au Brexit notamment) et d’autres plus surprenants.

 

Bienvenue dans un nouvel environnement de taux

Pour nous projeter sur 2017, penchons-nous d’abord sur la pérennité du mouvement de taux amorcé depuis l’été. Sommes-nous véritablement entrés dans un nouveau cycle haussier ? Les trois dernières années nous ont déjà offert plusieurs faux départs ; celui-ci nous semble différent. La remontée rapide de l’inflation est désormais tangible aux Etats-Unis (fig.4), mais aussi en Allemagne qui vient d’afficher un rythme de progression de 1,7% en glissement annuel. A cela s’ajoute la remontée des salaires (3,5% aux Etats-Unis). Là aussi, le mouvement est marqué. Les taux longs ont toutes les raisons de remonter et nous conserverons sur nos fonds diversifiés la duration courte qui nous a favorisés en 2016.

 

Figure 4 : les signaux de reprise durable de l’inflation sont bien là

figure4

 

Cette lecture de la remontée des taux se décline également dans l’univers actions. Nous pensons que le momentum value engagé à l’été va courir sur son ère… mais pas nécessairement toute l’année. La violence du rattrapage est brutale et les sanctions que subissent en contrepartie les valeurs de croissance seront vite mises à profit (fig.5). ROCHE ou PUBLICIS se paient désormais sur de maigres multiples (PE respectifs de 15 et 14) : sur la croissance, nous intervenons déjà en investisseurs contrariants.

 

Figure 5 : les secteurs growth sanctionnés : une réaction trop violente qui ouvre des opportunités

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Un président qui modifie la donne

Reste le politique… Le Brexit et le référendum italien, qui ont eu un effet repoussoir, « expliquent » l’essentiel de la sous-performance européenne. Les élections françaises puis allemandes auront-elles le même effet en 2017 ? Pour ce qui concerne la France, les déconvenues récentes du candidat Fillon ajoutent un peu de poids au risque politique européen. Seule la perspective de voir émerger un candidat réformateur serait à même de rassurer durablement.

Quid de Donald Trump dont l’élection a déjà occasionné bien des surprises ? Si le caractère inflationniste de son programme était clairement attendu, nous avons été surpris de la hausse précipitée du Dow Jones, qui a vu l’indice franchir la fameuse barrière des 20 000 points en moins de trois mois ! Certes, l’effet mécanique des baisses d’impôt et la dynamique des plans de relance sont de puissants facteurs explicatifs, mais n’oublions pas les autres versants du programme, le protectionnisme notamment.

 

Stock-picking et paranoïa

Le marché américain, qui se paie sur un PE ajusté du cycle de 27, intègre une partie des effets positifs évoqués. 2017 démarre sur une dynamique forte mais les indicateurs techniques seront auscultés avec attention. L’investisseur américain est aujourd’hui très « bull », le marché n’a pas connu de repli de plus de 5% depuis plus de 6 mois. Le corolaire est la faiblesse des volatilités sur indices boursiers (le VIX est aujourd’hui à 11,5). S’il fallait être courageux au premier trimestre 2016 pour mettre à profit les accidents de marché, il faudra un peu de paranoïa en 2017 pour ne pas se laisser endormir par la puissante dynamique haussière. Au-delà de cet aspect technique, la période qui s’ouvre s’avère riche pour le stock-picker avec des niveaux de valorisation raisonnablement élevés en Europe (fig.6), des flux qui devraient inverser la tendance de 2016 et des mouvements de rotation de style brutaux. Le value et le « cycle » recèlent encore de valeurs aux potentiels importants (PEUGEOT, LUFTHANSA), les valeurs de croissance subissent des prises de profit parfois exagérées, et les fusions-acquisitions, si nombreuses dans l’univers des petites valeurs, gagnent celui des grandes (ZODIAC, enfin !) : 2017 s’annonce passionnante.

 

Figure 6 : les valorisations rendent l’Europe particulièrement attractive

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Revivez en vidéo la conférence et les ateliers qui se sont déroulés, lors de l’événement Stratégie d’investissement 2017 à Paris, à la Maison de la Chimie, le 17 janvier dernier.

Télécharger la présentation au format PDF.