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Lutter contre la corruption, cheval de bataille de NKT

Un an après son entrée en vigueur, la loi anti-corruption britannique ou « UK Bribery Act », présentée comme l’arsenal répressif le plus dissuasif au monde, n’a finalement pas tenu toutes ses promesses. Seulement 10% des entreprises déclarent aujourd’hui se sentir menacées par cette nouvelle législation, selon une enquête du cabinet Deloitte.

Ce texte avait pourtant fait l’objet de vives critiques lors de sa promulgation, tant il était jugé sévère par rapport à son prédécesseur américain, le « US Foreign Corrupt Practice Act ». Il faut reconnaître que le gouvernement britannique affichait un volontarisme inédit à la suite du scandale de corruption ayant éclaboussé l’entreprise d’armement nationale, BAE. Ce contexte avait ainsi poussé le législateur à se montrer particulièrement ambitieux en introduisant un tout nouveau délit sanctionnant l’absence de programme de prévention de la corruption. Et du fait du caractère extra territorial de la loi, le législateur avait prévu que toute entreprise ayant des relations commerciales avec le Royaume-Uni pourrait être poursuivie devant les juridictions britanniques. Or, en matière de sanction, les risques encourus sont nettement supérieurs à ce que prévoient tous les autres cadres légaux, avec notamment une peine de dix ans d’emprisonnement et une amende non plafonnée. Sans compter que contrairement aux autres textes, le « UK Bribery Act » ne tolère aucun « facilitation payments », ces paiements de faibles montants ayant pour but de faciliter ou d’accélérer une procédure administrative.

Si ces dispositions n’ont, pour le moment, pas provoqué de changements globaux, elles ont néanmoins poussé certaines entreprises à revoir leurs pratiques en matière de lutte contre la corruption. C’est notamment le cas de NKT Holding (Echiquier Agenor) qui mentionnait jusqu’à l’année dernière avoir recours à ces fameux « facilitations payments » et qui n’admet dorénavant plus cette pratique. Cette décision explique d’ailleurs les difficultés récentes du groupe à obtenir des certifications pour certains produits. Persuadé que cette stratégie paiera sur le long terme, le groupe NKT se dit ainsi prêt à perdre des parts de marché à court terme, face à ses concurrents n’ayant pas pris de tels engagements.

Lors de notre rencontre, le management a notamment cité l’exemple des clients français, ayant apprécié le fait que NKT ne soit pas impliqué dans cette affaire de cartel, contrairement à d’autres acteurs du secteur. Une décision salutaire, qui s’accompagne par ailleurs, d’une politique de développement durable ambitieuse. La sensibilité de ce conglomérat danois aux questions environnementales n’a pas manqué d’attirer notre attention et nous ressortons de cet entretien avec une conviction renforcée.