<< Retour aux actualités

Echiquier Oblig privilégie les obligations « corporate »

Echiquier Oblig est le fonds obligataire de Financière de l’Echiquier investi en obligations d’entreprises privées européennes. Créé le 20 juillet 2007, il fêtera prochainement ses cinq ans d’existence en affichant une hausse de 30% à fin juin depuis l’origine, soit une performance annualisée de 5,5% sur la période.

Le choix de privilégier les obligations « corporate » au détriment de celles émises par les banques ou les Etats était audacieux en 2007 lors du lancement du fonds. Pourtant, les modifications profondes des marchés du crédit apparues depuis lors justifient ce choix. La crise du crédit a, en effet, déclenché un mouvement de désintermédiation du financement des entreprises européennes qui va se poursuivre pour de nombreuses années : moins de financement bancaire en direct, plus de financement obligataire de marché.

Le système bancaire européen se trouve durablement empêtré dans des contraintes réglementaires accrues, entrainant une baisse structurelle de sa rentabilité, et dans une crise profonde du financement des Etats souverains. Les entreprises privées européennes se sont donc naturellement tournées vers les marchés obligataires pour trouver des capitaux. Objet financier plus facile à analyser que celui d’une banque ou d’un Etat, les obligations corporate remportent les suffrages et il n’est pas rare que les meilleurs émetteurs empruntent moins cher que leurs banquiers ou leur Etat souverain.

Une obligation AIR LIQUIDE de maturité 8 ans rapporte ainsi 2,10% alors qu’une OAT (Obligation Assimilable du Trésor) de même durée émise par l’Etat français rapporte 2,25% ou une obligation senior de la SOCIETE GENERALE 4%. Le constat est encore plus frappant pour les pays d’Europe du Sud. LUXXOTICA emprunte par exemple à 3,25% sur 7 ans alors que la République d’Italie et UNICREDIT doivent payer plus de 5,00% sur une maturité identique.

Les opérations

Conjoncturelles

L’écartement des primes de risque de début juin a été mis à profit par Echiquier Oblig pour utiliser sa poche de cash constituée en mai. Le taux d’investissement du fonds remonte ainsi de 3 points passant de 91,4% à 94,4%. Nous avons, par exemple, souscrit à l’obligation MTU AERO ENGINES 2017. Après avoir émis une obligation convertible en 2007 arrivée à maturité en ce début d’année, le motoriste aéronautique allemand (valeur présente dans Echiquier Agenor) a choisi de lancer une émission obligataire inaugurale à cinq ans qui a rencontré un beau succès. Illustration parfaite du mouvement de désintermédiation du financement, cette émission prouve que les belles « Midcaps » (3Md€ de capitalisation boursière) ont, elles aussi, accès au marché obligataire.

D’un point de vue géographique, nous continuons de privilégier les pays cœur de la zone euro qui représentent plus de 80% des émetteurs alors qu’Espagne et Italie représentent moins de 7%, le reste se répartissant sur des pays n’appartenant pas à la zone euro.

Fondamentales

Notre conviction est que nous sommes durablement dans un environnement de taux bas. Le taux directeur de la Banque Centrale Européenne est même appelé à baisser pendant l’été devant une conjoncture morose (la croissance en zone euro sera nulle ou négative cette année) et une inflation contrôlée.

La faible attractivité des emprunts d’Etat qui, soit ne rapportent plus rien, soit sont trop risqués, nous renforce dans notre certitude que les obligations d’entreprises sont un support de choix. En échange d’un peu plus de volatilité (4% à 3 ans), Echiquier Oblig offre, avec une duration raisonnable (3,9 années), une espérance de rendement supérieure.

Echiquier Oblig maintient par ailleurs la part du « High Yield » et du non noté à près de 10% du fonds, soit quasiment le maximum autorisé. Nos positions sont concentrées sur des émetteurs que nous suivons depuis longtemps comme LAFARGE, WENDEL ou SCHAEFFLER (maison mère de l’équipementier CONTINENTAL AG) qui offrent des taux de rendement de 5,75% à 6,75%.

Stratégie d’investissement

Face aux incertitudes durables sur les dettes souveraines, la stratégie de « buy and hold », c’est-à-dire de portage d’obligations d’entreprises privées, devrait continuer de se révéler payante puisque dans une Europe en stagnation, il n’y a pas de raisons fondamentales à une brusque remontée des taux. Le « bond picking », c’est-à-dire la sélection ligne à ligne des émetteurs du portefeuille, et la mobilité au gré des nouvelles émissions restent au cœur de notre stratégie.