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Au 7e jour…

Les Etats-Unis sont une nation très religieuse. Dès le plus jeune âge, on vous enseigne que Dieu a créé le monde en six jours, puis qu’il s’est reposé le septième. Si Donald Trump avait respecté ce rythme de travail divin, ce post aurait eu une fin complètement différente.

Petit retour en arrière. Le 26 janvier dernier, soit au sixième jour de la présidence Trump, j’écrivais sur le changement d’énergie et d’optimisme en Amérique. Ce matin-là, un économiste américain respecté et expérimenté me faisait le plaisir d’une visite amicale. Il me décrivait alors le changement à l’œuvre dans mon pays, quelque chose que, de son propre aveu, il n’avait pas observé depuis la fin des années 1980 : un état d’esprit totalement « business friendly » et optimiste.

(Entre parenthèses, la plaisanterie que je préfère au sujet de cet état d’esprit « can do » (1) typiquement américain est… irlandaise. Un Irlandais s’adresse à un ami : « L’optimisme américain permet de déplacer les montagnes. Pensez donc ! Grâce à lui, il y a près de cinquante ans, les Américains sont allés jusqu’à la Lune. Quant à nous, arrêtons-nous dans n’importe quel pub de Dublin et nous entendrons encore et toujours la même rengaine : « It’s a long, long way to Tipperary. »(2)»)

J’ai moi-même été le témoin de cette excitation postélectorale à travers les conversations avec mes amis américains. Et il ne s’agissait pas d’« alternative facts » ou d’anecdotes, mais de chiffres bien réels : l’indice de confiance des consommateurs américains, que mesure l’Université du Michigan, s’est élevé en janvier à des niveaux jamais atteints depuis 2004. Celui de la confiance des chefs d’entreprises a bondi après les élections, passant de 51,9 à 54,7, au-delà de la moyenne historique de 52,75. Un dernier indicateur, enfin – le plus visible de tous – a apporté la preuve indubitable de ce phénomène exceptionnel : le Dow Jones a cassé la barre des 20 000 points le 5e jour de la présidence Trump.

Puis vint ce fameux 7e jour, et le décret sur l’immigration qui a tout renversé, au moins temporairement… Pourquoi diable prendre des mesures politiques aussi brutales et controversées alors que tout était bien parti pour que le moral « business » remonte durablement ? Le résultat ne s’est pas fait attendre : au lieu de se concentrer sur l’agenda pro-croissance, pro-business et pro-marché, les investisseurs et les chefs d’entreprise sont désormais inquiets que ces priorités se perdent dans les distractions inutiles offertes par la posture politique.

J’ai eu la chance de pouvoir à nouveau discuter avec l’économiste qui avait été si enthousiaste quelques jours plus tôt. Sur un ton très différent, préoccupé, il a noté que le décret anti-immigration créait « un nouveau point saillant et un schisme croissant entre les pros et les anti-Trump ». Avant de raccrocher, il m’a laissé une once d’espoir : certains membres-clés du Congrès avec lesquels il avait été en contact au cours du week-end, pourtant hostiles au style et à la tactique de Trump, l’avaient assuré des avancées rapides des différentes instances concernées sur l’agenda économique. Il faudra bien cela : si l’optimisme et la confiance de janvier s’érodent, je crains fort que la seule croissance du pays provienne des marqueurs, des cartons et des bâtons que les manifestants américains achèteront en masse pour confectionner leurs pancartes !

(1) « Je peux le faire. »
(2) « It’s a Long Way to Tipperary » est une célèbre chanson britannique écrite par Jack Judge et Henry James Williams. Elle aurait été écrite à la suite d’un pari de 5 shillings à Stalybridge le 30 janvier 1912 et jouée la nuit suivante au music-hall local. Elle est devenue populaire dans les rangs des soldats britanniques au cours de la Première Guerre mondiale. Le chemin des Etats-Unis à la Lune est long d’environ 385 000 km, celui de Tipperary à Dublin d’environ 200km… mais il peut parfois paraître plus long à ceux qui l’empruntent !

On the Seventh Day

America is a very religious country. We are taught that God created the world in six days and then rested on the seventh. If Donald Trump had not tried to eclipse God’s work schedule, this blog would have a completely different ending.

If we travel back in time to January 26, 2017, the sixth day of the Trump Presidency, I would be writing about the change in energy and optimism in America. That morning, a respected and long-serving American economist paid me a visit. He described a change that was occurring in America, something that he had not seen since the late 1980s through 1990s: a business-friendly, can-do spirit.

(By the way, my favorite anecdote about the American can-do spirit comes from an Irish joke: “I love the American can-do attitude. Almost fifty years ago, the Americans went all the way to the moon. In contrast, today you can stop in any pub in Dublin and you will still hear the Irish singing “It’s a long way to Tipperary.”)

I too noticed this palpable excitement in conversations I was having with American friends. And it was not just anecdotes; it was showing up in real facts (as opposed to alternative facts): US consumer confidence, as measured by the University of Michigan’s consumer sentiment gauge, in January moved to its highest levels since 2004. Business Confidence surged post-election, as the Purchasing Managers Business Confidence rose from 51.9 before the election to 54.7, a reading that is above the historical average of 52.75. The final piece of evidence, of course, was the venerable Dow Jones stock market index breaking 20,000 on day 5 of the Trump Presidency.

Then came Trump Presidency day seven: the immigration order. This, at least temporarily, has changed everything. One wonders why undertake such hasty and controversial policies when all signs were in place for a long-term pickup in business confidence and activity? Instead of focusing on the pro-growth, pro-business, and pro-market agenda, investors and corporate chiefs are now concerned that these priorities will be lost in all of the distractions.

I heard back from the economist who had been so positive just days before. Possessing a very different tone, he noted that the immigration ban was driving “a further wedge between the pro and con-Trump camps–and a growing schism in society.” However, the good news is that he went on to say that he had “been in touch with some key Congressional staffers over weekend and while they really don’t like Trump’s style and tactics, key Congressional Committees (House Ways and Means, etc.) are still moving full speed ahead on the economic agenda.”  Congress will need to move quickly; if the excitement and confidence of early January erodes, I worry that the only growth will come from American demonstrators buying the global supply of poster boards and markers.